( 4 août, 2008 )

Anathème # 74

Un brouhaha se fait alors à l’entrée de l’église et les grandes portes s’ouvrent d’un coup pour laisser passage à deux grandes statures surmontées d’un bicorne et une épée au collet. Le cliquetis de la lame dans son fourreau claque à chaque pas. Les auditeurs encore captivés par le discours s’écartent d’eux même, sans nullement y penser  et écarquillent leurs yeux étonnés et ronds !! Un long chemin se trace au fur et à mesure que les deux personnages avancent dans la marée humaine. Ils fendent la foule à vitesse précipitée et se dirigent à grands pas vers la nacelle ecclésiastique. Le jeune prêtre lui, de son côté, descend avec précipitation de sa chaire et dévale à grandes enjambées l’enfilade de marches branlantes de son perchoir. Le bruit métallique des armes s’accélère et à la surprise de la lueur des cierges qui environnent, l’assemblée est stupéfaite par la découverte de l’identité des troubles fêtes… La populace qui s’écartait depuis l’entrée des deux garants de la loi revoit sa position et doucement, imperceptiblement, se referme sur les deux hommes jusqu’à en stopper totalement l’avancée… Encore assez loin, les deux gendarmes de la maréchaussée jurent à haute voix et intiment l’ordre au curé Antonin de se rendre immédiatement !! Celui-ci, au contraire, voyant la tournure que prenaient les évènements, se hâte à grands sauts bruyants dans le petit colimaçon de bois. Il dévale quatre à quatre les marches  et rit à gorge déployée dans la résonance de l’église. Les calotins n’en croient pas leurs yeux et voient leur abbé vilipender à grands cris les représentants de l’ordre qui de leur côté, blasphèment dans le lieu saint !!  

Pas de commentaires à “ Anathème # 74 ” »

Fil RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

|